Las Palabras, Pablo Neruda
samedi 24 janvier 2015
jeudi 22 janvier 2015
Rentrée de Paroles: réunion de présentation demain!
La rentrée de Paroles est demain, vendredi le 23 janvier 2015!
Nous faisons une réunion de présentation pour les nouveaux membres et une rencontre avec ceux qui nous ont accompagnés au premier semestre à 18h30, en salle 216 au centre Panthéon (12, place du Panthéon).
Nous ferons un bref résumé sur ce que propose l'association, le fonctionnement des réunions. Nous fixerons également ensemble le jour des réunions hebdomadaires conforme aux disponibilités de tous et réfléchirons sur nos projets pour ce semestre.
Vous êtes les bienvenus! Ramenez votre inspiration et votre motivation!
À demain!
Paroles - le club de lecture.
lundi 5 janvier 2015
Rentrée de Paroles
Bonne chance à tous pour vos partiels!
Paroles sera de retour à la fin de janvier; nous ouvrirons ce semestre avec une séance de présentation de l'association pour les nouveaux membres et les curieux.
A bientôt!
Paroles sera de retour à la fin de janvier; nous ouvrirons ce semestre avec une séance de présentation de l'association pour les nouveaux membres et les curieux.
A bientôt!
samedi 13 décembre 2014
Rencontre Paroles - l'Ecole de l'Absolu
L'association de littérature de l'Université Paris 1,Paroles-le club de lecture, invite les membres de l'Ecole de l'Absolu, jeunes écrivains et étudiants à la Sorbonne, pour une séance spéciale autour de leurs textes.
Selon la forme classique de nos rencontres, nous lirons des extraits de leurs travaux et les commenterons.
Vous êtes tous les bienvenus. Venez écouter, discuter, participer ou tout simplement jeter un coup d'oeil!
Pour toute information supplémentaire sur l'Ecole de l'Absolu http://ecoledelabsolu.fr/ https://www.facebook.com/events/472229639581767
mardi 9 décembre 2014
Discussion autour du poème de Carlos Drummond de Andrade, "Morte no avião".
Par Augustin
Entre les lignes, le narrateur chuchote : "je vais mourir..." Ô, mais quel est ce "je" ? L'homme à l'instant où il meurt... celui qui déjà mort ressasse... Fatale semble sa route, la mort est annoncé, il marche vers elle, pris dans l'engrenage (de la vie ? de la narration ?). Le "je" est impersonnel, le ton est neutre, la mort intellectualisé. Le narrateur semble s'élever au-dessus du monde, de la vie, de sa vie. Le temps n'a plus cours sur lui. Les frontières entre vie et mort sont confuses : il est toujours déjà mort. Des espaces de liberté s'ouvrent ! Il y a t-il une morale ? Résignez-vous ! Tout n'est que vanité ! Il y a t-il un propos religieux ?... au travers de cette moral de la mort... Est-il un terroriste ?! car vingt personnes doivent le suivre dans sa destruction. Plus rien ne le surprenant. Il lui faut être clair, il faut que tout soit ordonné : il se prépare à la mort... Et rupture ! de la fin du récit. Le texte s'accélère, se dynamise... et se clôt par de l'ironie.
Quelques oeuvres et auteurs auxquels nous avons pensé :
- American Beauty (et le personnage qui annonce sa mort) ;
- Dostoïevski (et ces formules : "il devrait se souvenir que...") ;
- La Nausée, J.-P. Sartre (et l'importance de la fin) ;
-Pessoa
Lorsque viendra le printemps,
si je suis déjà mort,
les fleurs fleuriront de la même manière
et les arbres ne seront pas moins verts
qu’au printemps passé.
La réalité n’a pas besoin de moi.
J’éprouve une joie énorme
à la pensée que ma mort n’a aucune importance.
Si je savais que demain je dois mourir
et que le printemps est pour après-demain,
je serais content de ce qu’il soit pour après-demain.
Si c’est là son temps, quand viendrait-il sinon
en son temps ?
J’aime que tout soit réel et que tout soit précis ;
et je l’aime parce qu’il en serait ainsi, même
si je ne l’aimais pas.
C’est pourquoi, si je meurs sur-le-champ, je meurs content,
parce que tout est réel et tout est précis.
On peut, si l’on veut, prier en latin sur mon cercueil.
On peut, si l’on veut, danser et chanter tout autour.
Je n’ai pas de préférences pour un temps où je ne pourrai plus avoir de préférences.
Ce qui sera, quand cela sera, c’est cela qui sera ce qui est.
***
Fernando Pessoa (1888-1935) – 7-11-1915 – Traduction d’Armand Guibert
Entre les lignes, le narrateur chuchote : "je vais mourir..." Ô, mais quel est ce "je" ? L'homme à l'instant où il meurt... celui qui déjà mort ressasse... Fatale semble sa route, la mort est annoncé, il marche vers elle, pris dans l'engrenage (de la vie ? de la narration ?). Le "je" est impersonnel, le ton est neutre, la mort intellectualisé. Le narrateur semble s'élever au-dessus du monde, de la vie, de sa vie. Le temps n'a plus cours sur lui. Les frontières entre vie et mort sont confuses : il est toujours déjà mort. Des espaces de liberté s'ouvrent ! Il y a t-il une morale ? Résignez-vous ! Tout n'est que vanité ! Il y a t-il un propos religieux ?... au travers de cette moral de la mort... Est-il un terroriste ?! car vingt personnes doivent le suivre dans sa destruction. Plus rien ne le surprenant. Il lui faut être clair, il faut que tout soit ordonné : il se prépare à la mort... Et rupture ! de la fin du récit. Le texte s'accélère, se dynamise... et se clôt par de l'ironie.
Quelques oeuvres et auteurs auxquels nous avons pensé :
- American Beauty (et le personnage qui annonce sa mort) ;
- Dostoïevski (et ces formules : "il devrait se souvenir que...") ;
- La Nausée, J.-P. Sartre (et l'importance de la fin) ;
-Pessoa
Lorsque viendra le printemps,
si je suis déjà mort,
les fleurs fleuriront de la même manière
et les arbres ne seront pas moins verts
qu’au printemps passé.
La réalité n’a pas besoin de moi.
J’éprouve une joie énorme
à la pensée que ma mort n’a aucune importance.
Si je savais que demain je dois mourir
et que le printemps est pour après-demain,
je serais content de ce qu’il soit pour après-demain.
Si c’est là son temps, quand viendrait-il sinon
en son temps ?
J’aime que tout soit réel et que tout soit précis ;
et je l’aime parce qu’il en serait ainsi, même
si je ne l’aimais pas.
C’est pourquoi, si je meurs sur-le-champ, je meurs content,
parce que tout est réel et tout est précis.
On peut, si l’on veut, prier en latin sur mon cercueil.
On peut, si l’on veut, danser et chanter tout autour.
Je n’ai pas de préférences pour un temps où je ne pourrai plus avoir de préférences.
Ce qui sera, quand cela sera, c’est cela qui sera ce qui est.
***
Fernando Pessoa (1888-1935) – 7-11-1915 – Traduction d’Armand Guibert
samedi 6 décembre 2014
Séande du 9 décembre: "Sonne et Sonne", L-G. Damas
Texte à lire pour la prochaine séance, mardi 9 décembre, 18h30 en Sorbonne salle F615 (entrée rue Cujas).
SONNE ET SONNE
sonne à mon cœur
mariné dans l'alcool
dont nul n'a
voulut tâter à table hier
Sonne et Sonne
minuit de clair de
lune à trois
dont l'image est à
jamais en UNE
FEMME entrevue en
l'Ile aux mille et une fleurs
assise au pied des
mornes verts
et filaos
échevelés
ALLO ALLO
Allo Sicy
Sicy-Chabine
ICI Limbé
Veux-tu que nous jouions
au jeux de notre enfance enjouée
dis
veux-tu que nous jouions
au jeux du baiser-pur
du baiser-sur-le-front
du baiser-jamais sur la bouche
SONNE ET SONNE
sonne à mon cœur
mariné dans l'alcool
dont nul n'a
voulut tâter à table hier
sonne et sonne
minuit de clair de
lune à trois
dont l'image est à
jamais en UNE
FEMME entrevue en
l'Ile aux mille et une fleurs
assise au pied des
mornes verts
et filaos
échevelés
et flûte de bambou
du Pâtre éveillé modulant la
rengaine en sourdine
LE BEL ENFANT DE CHOEUR
tout plein gentil
tout plein jolie
tout plein mignon
Le bel enfant de chœur
en caramel
chasuble rouge
soulier vernis
qu'il me souvient d'avoir été
au seuil grandiose
des reposoirs sur qui pleuvaient
roses effeuillées
rose parfumés
roses d'encens
miraculées
immaculées
matriculées
à la Fête-Dieu
des ans passés et trépassés
SONNE ET SONNE
sonne à mon cœur
mariné dans l'alcool dont nul n'a
voulut
tâter à table hier
sonne et sonne
minuit de clair de
lune à trois dont l'image est à
jamais en UNE
FEMME entrevue en
l'Ile au mille et une fleurs
assise au pied des
mornes verts
et filaos
échevelés
et flûte de bambou
du Pâtre éveillé modulant la
rengaine en sourdine
et le bruit court
dans les halliers
BANALITÉ SANS AUCUN DOUTE
mais avant que de se donner
entière et belle et noir et drue
au vétiver du sentier
qui mène au Morne-à-Cases
où pleure dans la nuit
une flûte de bambou
la Fille à la Calebasse
d'indifférence
implora par trois fois
Seigneu
Jézi
la Viège Marhi
Joseph
SONNE ET SONNE
sonne à mon cœur
mariné dans l'alcool
dont nul n'a
voulut
tâter à table hier
sonne et sonne
minuit de clair de
lune à trois
dont l'image est à
jamais en UNE
FEMME entrevue à
l'Ile aux mille et une fleurs
assise au pied des
mornes verts
et filaos
échevelés
et flûte de bambou
du Pâtre éveillé modulant la
rengaine en sourdine
et le bruit court
dans les halliers
et ma voix clame
en Exil
CESSE OU JE RACCROCHE
je ne joue plus
je dis tout
et je dis
Ce n'était pas lui
ce n'était pas celle
qui seul eût pu
vous parler de lui
Ce n'était pas elle
ce n'était pas lui
ce n'était que moi
à l'autre bout du monde
au bout de l'appel
tout au bout du fil
au bout de l'angoisse
au bout de l'attente
à bout de désir
Cesse ou je raccroche
je ne joue plus
je dis tout
et je dis
mon dernier vers
La nuit dernière
au beau mitan du Ciel
des Iles
un soleil rouge de feu rouge à
brûler vif
des torses et torses et torses et
torses nus
des bacouas
des bacouas des bacouas en bataille
des pantalons au trois quarts
retroussés
des coutelas flambants neufs
au lieu de belles cannes
coupaient
coupaient des théories de têtes
de têtes
de têtes
de têtes blondes
comme la vôtre
mon bel amour
Cesse ou je raccroche
je ne joue plus à vous
je dis tout
et je dis
Je ne sais
si tu sais
que tu m'aimes
si tu sais
que je sais
que tu sais
que je t'aime
SONNE ET SONNE
sonne à mon cœur
mariné dans l'alcool
dont nul n'a
voulut tâter à table hier
sonne et sonne
minuit de clair de
lune à trois
dont l'image est à
jamais en UNE
FEMME entrevue en
l'Ile au mille et une fleurs
assise au pied des
mornes verts
et filaos
échevelés
et flûte de bambou
du Pâtre éveillé modulant la
rengaine en sourdine
et le bruit cour
dans les halliers
et ma voix clame
en Exil
et l'Exile chante
à deux voix
[…]
L.-G. DAMAS,
in Black-Label, II, éd. Gallimard.
Séance du 2 décembre: "Morte no avião", Carlos Drummond de Andrade
"Morte no avião"
Acordo para a morte.
Barbeio-me, visto-me, calço-me.
É meu último dia: um dia
cortado de nenhum pressentimento.
Tudo funciona como sempre.
Saio para a rua. Vou morrer.
Não morrerei agora. Um dia
inteiro se desata à minha frente.
Um dia como é longo. Quantos passos
na rua, que atravesso. E quantas coisas
no tempo, acumuladas. Sem reparar,
sigo meu caminho. Muitas faces
comprimem-se no caderno de notas.
Visito o banco. Para que
esse dinheiro azul se algumas horas
mais, vem a polícia retirá-lo
do que foi meu peito e está aberto?
Mas não me vejo cortado e ensangüentado.
Estou limpo, claro, nítido, estival.
Não obstante caminho para a morte.
Passo nos escritórios. Nos espelhos,
nas mãos que apertam, nos olhos míopes, nas bocas
que sorriem ou simplesmente falam eu desfilo.
Não me despeço, de nada sei, não temo:
a morte dissimula
seu bafo e sua tática.
Almoço. Para quê? Almoço um peixe em outro e creme.
É meu último peixe em meu último
garfo. A boca distingue, escolhe, julga,
absorve. Passa música no doce, um arrepio
de violino ou vento, não sei. Não é a morte.
É o sol. Os bondes cheios. O trabalho.
Estou na cidade grande e sou um homem
na engrenagem. Tenho pressa. Vou morrer.
Peço passagem aos lentos. Não olho os cafés
que retinem xícaras e anedotas,
como não olho o muro de velho hospital em sombra.
Nem os cartazes. Tenho pressa. Compro um jornal. É pressa,
embora vá morrer.
O dia na sua metade já rota não me avisa
que começo também a acabar. Estou cansado.
Queria dormir, mas os preparativos. O telefone.
A fatura. A carta. Faço mil coisas
que criarão outras mil, aqui, além, nos Estados Unidos.
Comprometo-me ao extremo, combino encontros
a que nunca irei, prununcio palavras vãs,
minto dizendo: até amanhã. Pois não haverá.
Declino a tarde, minha cabeça dói, defendo-me,
a mão estende um comprimido: a água
afoga a menos que dor, a mosca,
o zumbido... Disso não morrerei: a morte engana,
como um jogador de futebol a morte engana,
como os caixeiros escolhe
meticulosa, entre doenças e desastres.
Ainda não é a morte, é a sombra
sobre edifícios fatigados, pausa
entre duas corridas. Desfale o comércio de atacado,
vão repousar os engenheiros, os funcionários, os pedreiros.
Mas continuam vigilantes os motoristas, os garçons,
mil outras profissões noturnas. A cidade
muda de mão, num golpe.
Volto à casa. De novo me limpo.
Que os cabelos se apresentem ordenados
e as unhas não lembrem a antiga criança rebelde.
A roupa sem pó. A mala sintética.
Fecho meu quarto. Fecho minha vida.
O elevador me fecha. Estou sereno.
Pela última vez miro a cidade.
Ainda posso decidir, adiar a morte,
não tomar esse carro. Não seguir para.
Posso voltar, dizer: amigos,
esqueci um papel, não há viagem,
ir ao cassino, ler um livro.
Mas tomo o carro. Indico o lugar
onde algo espera. O campo. Refletores.
Passo entre mármores, vidro, aço cromado.
Subo uma escada. Curvo-me. Penetro
no interior da morte.
A morte dispôs poltronas para o conforto
da espera. Aqui se encontram
os que vão morrer e não sabem.
Jornais, café, chicletes, algodão para o ouvido,
pequenos serviços cercam de delicadeza
nossos corpos amarrados.
Vamos morrer, já não é apenas
meu fim particular e limitado,
somos vinte a ser destruídos,
morreremos vinte,
vinte nos espatifaremos, é agora.
Ou quase. Primeiro a morte particular,
restrita, silenciosa, do indivíduo.
Morro secretamente e sem dor,
para viver apenas como pedaço de vinte,
e me incorporo todos os pedaços
dos que igualmente vão parecendo calados.
Somos um em vinte, ramalhete
dos sopros robustos prestes a desfazer-se.
E pairamos,
frigidamente pairamos sobre os negócios
e os amores da região.
Ruas de brinquedo se desmancham,
luzes se abafam; apenas
colchão de nuvens, morres se dissolvem,
apenas
um tubo de frio roça meus ouvidos,
um tubo que se obtura: e dentro
da caixa iluminada e tépida vivemos
em conforto e solidão e calma e nada.
Vivo
meu instante final e é como
se vivesse há muitos anos
antes e depois de hoje,
uma contínua vida irrefrável,
onde não houvesse pausas, sonos,
tão macia na noite é esta máquina e tão facilmente ela corta
blocos cade vaz maiores de ar.
Sou vinte na máquina
que suavemente respira,
entre placas estelares e remotos sopros de terra,
sinto-me natural a milhares de metro de altura,
nem ave nem mito,
guardo consciência de meus poderes,
e sem mistificação eu vôo,
sou um corpo voante e conservo bolsos, relógios, unhas,
ligado à terra pela memória e pelo costume dos músculos,
carne em breve explodindo.
Ó brancura, serenidade sob a violência
da morte sem aviso prévio,
cautelosa, não obstante irreprimível aproximação de um perigo atmosférico
golpe vibrado no ar, lâmina de vento
no pescoço, raio
choque estrondo fulguração
rolamos pulverizados
caio verticalmente e me transformo em notícia.
Carlos Drummond de Andrade
in A Rosa do Povo (1945)
Texte en français
"Mort en avion"
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